L’économie du sens a-t-elle du sens ...

Les sys­tèmes de con­duite des entre­prises clas­siques, via la finance, les process, les report­ing et les indi­ca­teurs ont mon­tré toutes leurs lim­ites depuis 2 ans.

Nous deman­dons tous plus de sens.

J’ai créé safran pour aider les chefs d’entreprise, les man­agers, les comités de direc­tion à con­duire leur entre­prise par le sens, et replacer process, finance et report­ing à leur juste place.

Cette con­duite par le sens, « l’économie du sens », requiert des out­ils de man­age­ment nou­veaux, que j’ai com­pilés, créés, dévelop­pés et expéri­men­tés auprès de petites et grandes entreprises.

Ces out­ils par­tent tous du principe que con­duire une entre­prise par le sens, c’est admet­tre que le sens ne crée de l’action que s’il est reçu, perçu, inter­prété, appro­prié, donc modifié.

La mise en action peut venir de l’ordre : c’est rapide, effi­cace et limité.

Elle peut venir du sens appro­prié : c’est rapide, beau­coup plus effi­cace et durable.

La créa­tion de valeur est forte et rapide.
L’énergie interne est mul­ti­pliée.
L’homme est replacé durable­ment au cœur de la créa­tion de valeur.

Ce n’est donc ni un dogme, ni un sys­tème de valeur, ni une reli­gion… c’est une recherche d’efficacité, de créa­tion de valeur, dans une con­cep­tion de l’homme respectueuse de ce qu’il a de plus énergé­tique : ses envies !

safran : donne du sens – donne du goût
aux entre­prises, aux col­lab­o­ra­teurs, aux publics de l’entreprise.

Autorité, pouvoir et économie du sens...

Il est sage d’avoir sans cesse en mémoire que le mot « Autorité » vient du mot « Auteur » ( sans « H » ! ) celui qui a des idées, des opin­ions aux­quelles on se réfère. « Auteur, ouvrage dont les opin­ions sont admises par le plus grand nom­bre : C’est une autorité en matière de droit civil ». Larousse 2006.

Le mot auteur vient lui-même de « auc­tor », lit­térale­ment « celui qui fait pousser ».

De son côté, pou­voir trouve sa nais­sance dans la racine « pot » – la capac­ité de faire, la puis­sance donc – dont les branches se sont étirées depuis la potence, la poten­tial­ité jusqu’à la puis­sance et le pouvoir…

Tous ceux qui con­fondent autorité et pou­voir devraient avoir en tête que leur pré­tendu ou réel pou­voir ne s’exerce légitime­ment que pour « faire pousser ».

Funestes liens qui font nager dans les mêmes eaux l’opinion, la crois­sance et la potence.

*  * *

Depuis que l’économie indus­trielle s’est créée, le pou­voir était détenu par la pos­ses­sion de l’entreprise.

Celui qui l’avait créée, en avait hérité ou l’avait rachetée  la dirigeait.

Par exten­sion, celui qui prof­i­tait d’une délé­ga­tion de pou­voir de celui qui déte­nait le cap­i­tal la dirigeait.

L’équation – déten­tion du cap­i­tal = pou­voir – était simple.

Il y avait du bon lorsque le tal­ent, le risque, l’énergie d’entreprendre et de dévelop­per était liés au pou­voir de faire : le pou­voir pour.

L’autorité avait du sens, puisqu’elle fai­sait pousser de la valeur.

Il y avait du moins bon lorsque la nais­sance, le para­chutage par rachat, l’énergie de prof­iter était liés au pou­voir de rentabiliser, d’exploiter : le pou­voir sur.

Le pou­voir était réel et sou­vent con­testé puisqu’il per­me­t­tait l’exploitation.

Les mod­èles alter­nat­ifs expéri­men­tés à plus ou moins grande échelle n’ont pas réussi à prou­ver leur effi­cac­ité ni en créa­tion de valeur, ni en épanouisse­ment des  hommes.

*  * *

Depuis une quin­zaine d’années,  la prise de pou­voir sur les entre­prises par les financiers, les sei­des des fonds de pen­sions, a sen­si­ble­ment changé la donne et éclairé de manière plus vis­i­ble cette question.

Aujourd’hui, au cœur d’une crise qui n’est pas que finan­cière, mais qui nous fait regarder ces agents de l’argent avec tant de pru­dence voire de défi­ance, la ques­tion de l’autorité est forte­ment posée.

Qui es-tu pour me diriger ?

Au nom de quoi me conduis-tu ?

Sur  quoi se fonde l’autorité sur l’entreprise et sur les col­lab­o­ra­teurs de l’entreprise ?

Sur la puis­sance de l’argent, dont on con­state qu’il n’est pas si puissant ?

Sur les délé­ga­tions suc­ces­sives depuis un fond de pen­sion qui ignore jusqu’à l’existence de l’entreprise dont il pos­sède une part ?

En quoi un financier saurait-il don­ner une direc­tion autre que celle du profit ?

Face à leur savoir de tableaux Excel, de ratios BCG et de sché­mas Mac Kin­sey, je pen­sais sou­vent à Corneille :

Mon entre­prise est sûre et sa perte infaillible.

Tous les indi­ca­teurs d’opinion des salariés mon­trent que désor­mais la seule réelle autorité vient du sens.

Je crois et je suis prêt à suivre celui qui est capa­ble de don­ner du sens à l’entreprise et de me per­me­t­tre de don­ner du sens à mon tra­vail dans cette entreprise.

Je ne crois plus, je n’écoute plus, et je ne veux plus suivre plus celui qui n’est là que par délé­ga­tion de pou­voir, sans réelle autorité.

Avec le créa­teur de sens, je m’engage, je m’implique, je m’enthousiasme, je con­tribue, je suis moi-même créa­teur de valeur.

Avec l’autre, je me désen­gage, et je passe un con­trat avec moi-même : pour ce salaire, je suis prêt à don­ner ce temps, ce labeur, mais en aucun cas une impli­ca­tion personnelle.

Nous sommes devant une destruc­tion rapide de l’entreprise d’un côté,
et une réserve de valeur ines­timable et inépuis­able de l’autre.

Sommes-nous assez fou pour l’ignorer ?

Espoir !...

Eclairant arti­cle d’Annie Kahn en p2 du Monde du Ven­dredi 12 Février à l’occasion du Salon des Entrepreneurs.

Selon une étude du CSA pour l’Avise (l’Agence de Val­ori­sa­tion des Ini­tia­tives socio-économiques), 2/3 des français pos­tuleraient en pri­or­ité dans une entre­prise sociale, et 77% se dis­ent prêts à acheter des pro­duits ou ser­vice d’une entre­prise sociale.

Qu’il est bon de lire un tel com­men­taire ! Merci Annie !

Sera-t-il un jour patent que l’engagement social, et non les super bonus, est plus effi­cace pour garder et attirer les meilleurs talents ?”

Qu’est-ce qu’une entre­prise sociale ?

Pas for­cé­ment une ONG, ou une entre­prise dont la rai­son d’exister est à visée sociale.

C’est une entre­prise tout à fait nor­male qui décide de con­sacrer une par­tie de son énergie à faire tourner un cer­cle vertueux : Objec­tif social => recherche, créa­tiv­ité, inno­va­tion => créa­tion de valeur sur plusieurs plans :

Rentabil­ité, ouver­ture de marchés, impli­ca­tion des col­lab­o­ra­teurs, adhé­sion des consommateurs.

Ne nous réfu­gions pas der­rière l’idée que de telles démarches sont réservées à Danone ou Lafarge !

Un ami dirige une très petite entre­prise de con­struc­tion immo­bil­ière. Il con­state que la France est très en retard en matière de loge­ments soci­aux HQE (Haute Qual­ité Envi­ron­nemen­tale). Il trouve en Alle­magne un procédé de con­struc­tion de mur par­ti­c­ulière­ment isolant qui per­met de réduire con­sid­érable­ment la fac­ture énergé­tique. Il développe un pro­jet com­plet et part à la con­quête des marchés publics, avec succès.

Respect de l’environnement + con­quête de marché + économies d’énergie et d’argent pour les pro­prié­taires ou locataires +  impli­ca­tion des col­lab­o­ra­teurs de son entre­prise : il est 4 fois gagnant.

Je regrette donc un peu le point de vue d’Annie Kahn : “les pro­jets soci­aux au sec­ours de l’image des entre­prises”. C’est un peu réduc­teur. Qu’elle que soit l’intention ini­tiale – mar­ket­ing ou image… – le résul­tat touche à l’essence même de l’entreprise, à sa rai­son d’exister, à son énergie.

Le sens est vertueux !

Il parvient à artic­uler pos­i­tive­ment le salarié et le con­som­ma­teur,
la rentabil­ité et l’action sociale, la créa­tion de sens et la créa­tion de valeur.


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